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Le 14 novembre 1601, nait Jean Eudes, fils premier né de Marthe et Isaac Eudes. C’est à Ri, petit village du Val d’Orne, près d’Argentan, dans la belle campagne normande. Deux jours plus tard, on célèbre le baptême du nouveau-né, dans la vieille église de Ri.
Non loin de là, aux Tourailles, un sanctuaire dédié à Notre-Dame de Recouvrance depuis le VIIIème siècle avait eu quelques mois auparavant la visite des parents de Jean Eudes, désireux de transmettre la vie et s’en remettant à la Vierge. Cette famille simple rend grâce : un fils est donné. Le milieu de vie est modeste et comme dans la plupart des régions de France, la foi est vive mais peu instruite.
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Sur le fronton de la mairie de Ri, on lit toujours une phrase attribuée à Charles Eudes d’Houay, frère de Jean Eudes : “Nous sommes trois frères au service de la vérité, le premier la prêche le second l’écrit et moi je la défendrai jusqu’à ma mort”. Charles Eudes d’Houay était chirurgien et échevin d’Argentan ; l’autre frère, François Eudes de Mezeray était un érudit ; il est devenu Secrétaire Perpétuel de l’Académie française. |
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Au milieu de ses deux frères et quatre sœurs, Jean grandit et reçoit les premiers rudiments de la foi chrétienne, par ses parents et par un prêtre de la région, Monsieur Blanette. Isaac Eudes pousse son fils vers les études et, obéissant, l’aîné se rend à Caen au collège des Jésuites.
Dans cette jeunesse paisible, un événement marque Jean Eudes, et il en rend compte dans le journal qu’il écrira bien écrit plus tard : le Mémorial des Bienfaits de Dieu. Il relate tout ce qui a marqué sa vie et aussi les faits plus ordinaires, mais ce qui l’intéresse, c’est d’y lire le passage de Dieu et de lui en rendre grâce avec les propres mots de l’Ecriture. Cet événement de jeunesse, c’est sa première communion, un jour de Pentecôte ; il a 12 ans.
Il dit lui-même “j’ai commencé à connaître Dieu”, et dans le même élan, il décide de consacrer son corps par le vœu de chasteté.
Le jeune Jean est saisi par le mystère de Dieu, et il consent à se laisser conduire. Cela le mène à demander son entrée dans les ordres. Il se tourne vers une Congrégation récemment fondée (1611) par le père Pierre de Bérulle. Il entre à l’Oratoire de la rue Saint-Honoré à Paris le 25 mars 1623.
L’Oratoire de France fait partie du foisonnement religieux du XVIIème siècle français. Le salon parisien de Madame Acarie voit se rencontrer l’évêque de Genève, François de Sales, le fondateur des prêtres de la Mission, Vincent de Paul et d’autres grandes figures de ce début du siècle, le capucin Benoît de Canfield, le Jésuite Coton…
Dans le sillage du Concile de Trente, l’Eglise se renouvelle, dans un approfondissement de la foi, par de nouvelles expressions cultuelles et des créations institutionnelles. C’est le mouvement que la postérité appellera l’Ecole Française de Spiritualité. Jean Eudes est attiré par cette ardeur.
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