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Editorial
Ce premier numéro de l’année vous parvient alors que nous venons de terminer le temps pascal et que se dessine déjà la dispersion de l’été.
C’est bien à des voyages qu’il nous invite, et en Extrême-Orient ; Les nouvelles de nos frères de Tagatay aux Philippines sont les prémices de notre présence là-bas. Le communiqué suivant est déjà en ligne sur le site eudistes-France.
Mais le premier voyage d’un eudiste vers l’Extrême-Orient est celui de M. de Saisseval. L’obédience que lui donne saint Jean Eudes est bien connue : « Allez donc au nom de la part de notre petite congrégation pour faire dans la Chine et les autres lieux où la Providence vous conduira ce qu’elle voudrait faire par tout l’univers […] pour y détruire la tyrannie de Satan et y établir le royaume de Dieu » (OC, X, 448).
Le P. Joseph Racapé notre archiviste nous permet de faire une connaissance plus vivante de Pierre de Saisseval en présentant deux lettres écrites quelques mois avant sa mort. Qu’il en soit remercié.
Les rubriques habituelles, jubilés, recensions, vie des associés essaient d’être mémoire de notre vie.
Daniel Doré
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Pierre de Saisseval, Seigneur d’Anville, eudiste
(1620-1662)
D’une famille de noblesse picarde, Pierre de Saisseval, écuyer, seigneur d’Anville, naît vers 1620, fils de François et Anne de Riencourt. Il épouse (contrat du 18 mai 1641) Françoise Lion, fille d’Antoine, écuyer, seigneur de la Neuville, et de Marguerite Marignier. Un fils, Charles, naîtra de ce mariage ; il se mariera trois fois ; de son deuxième mariage (contrat du 1 janvier 1680) avec Marie de Lamiré, descend une abondante postérité, toujours représentée dans les familles Rocquigny de Fayel, Roussel de Préville, La Gorgue de Rosny…
Après la mort de son épouse, Pierre confie l’éducation de son fils à une famille noble de Rouen, les Fermanel, et entre chez les eudistes au séminaire de Rouen le 10 août 1656. C’est là qu’il entend parler des missions en Extrême-Orient. Avec deux autres eudistes, Barthélémy Meunier (décédé le 10 août 1661) et René Brunel (décédé le 7 août 1663 à Musipatam, Inde), et muni de la permission du Père Eudes (OC, tome X, lettre LX) il décide de partir pour ces missions.
En septembre 1661, Saisseval et Brunel quittent avec Monseigneur Pallu, évêque d’Héliopolis, la résidence Saint-Josse de Paris, embarquant à Marseille le 2 janvier 1662, en compagnie de Louis Laneau, futur évêque de Mettelopolis, de quatre prêtres de divers diocèses, dont Jean Chéreau (Orléans) et François Périgaud (Rennes), et de deux auxiliaires laïques, dont Philippe de Chamesson-Foissy (Reims).
Le voyage maritime se termine à Alexandrette. On part ensuite en caravane, à dos de chameau ou à cheval, jusqu’à Bandar Abbas (ou Gamron) au sud de la Perse, en passant par Alep (d’où le P. de Saisseval écrit au P. Eudes le 20 mars 1662 une lettre qui se trouve dans nos Annales, livreVI, chapitre 4 : « Nous sommes à Alep depuis six semaines, et nous attendons une caravane pour aller à Ispahan »), Erzerouq, Tauris (Tabriz actuelle), Ispahan, Chiraz.
A Bandar Abbas, Mgr Pallu décide qu’ils partiraient pour Surate (Inde) en deux groupes : lui-même embarquant avec MM. De Saisseval, Périgaud et Chéreau ; sur le second navire s’embarqueraient MM. Brunel, Laneau, de Chamesson et Brindeau. Le navire anglais, « la Fleur de la Mer », partira le 28 novembre 1662. Pierre de Saisseval fut pris de très violents accès de fièvre, avec des périodes d’affaissement cérébral. Le 6 décembre, il demanda à son évêque de le confesser ; le lendemain, il recevait l’extrême-onction ; et le surlendemain entre 6 et 7 heures du matin, il expirait doucement. Pallu se fit un devoir de l’ensevelir lui-même, de réciter sur lui les belles prières de la liturgie catholique ; puis le pauvre corps fut confié à la tombe mouvante qu’est la mer (Louis Baudiment, François Pallu, 1626-1684, Paris, Beauchesne, 1934, p.136).
M. Chéreau mourut le 13 décembre 1662. Dans son « Journal », Pallu écrit : « Nous les avions choisis pour nous accompagner dans le Tonquin, estant tous deux fort judicieux, de très bon conseil, très habiles et fort capables des langues. Dieu est le maistre. Qu’il règne et vive à jamais, et que nous demeurions éternellement dans le silence et dans nostre néant » (Ibidem, p.137)
Un autre Eudiste partira pour les missions d’Extrême-Orient : Pierre Langlois le 11 avril 1669 ; il travailla à Ayuthia (Siam), puis partira pour la Cochinchine, où il baptisa 2000 « infidèles ». Il mourut en prison à Hué, au cours de la persécution de 1700.
Les deux lettres qui suivent se trouvent dans les Archives des MEP, vol.350, Lettres de Perse ; l’orthographe a été très légèrement modernisée ; et surtout, on a mis une ponctuation (elle est inexistante dans l’original, et tout se tient sans aucun paragraphe).
P. Joseph Racapé
I – Lettre à Monsieur Fermanel de Favery, prêtre à St-Josse, Paris.
A Thauris (Tabriz) le 17° juillet 1662.
Monsieur,
Vous aurez su par celles de Msgr de ce lieu qu’il nous avait ici laissé Messieurs Lanneau, Charmesson et moi à cause d’une incommodité qu’un dégorgement de bile comme je crois m’avait causé. Dieu nous a redonné la santé après 15 ou 18 jours de langueur, et au bon Monsieur Lanneau à qui il était revenu depuis notre séjour ici quelque accès de fièvre. Nous ne pensons plus à présent qu’à partir pour Hispahan, et le mal est que nous ne trouvons point de compagnie ; nous craignons que la longueur des caravanes ne nous empêche d’y trouver nos Messieurs, ce qui nous serait une fâcheuse incommodité. Nous aurons recours aux prières pour que Dieu nous conduise selon sa sainte volonté.
Nous avons en notre séjour appris que Msgr de Mettelopolis a été au Bandar Abbas (y) et nous espérons qu’il est heureusement passé lui, et ses messieurs que la lettre d’un Capucin d’Hispahan spécifie : 2 ecclésiastiques et un laïc.
Pour Msgr de Bérite vous savez qu’il a été un mois et un jour à Surate chez les très Rds Capucins et que de là il est parti le 27 de décembre pour Madrespatan (Masulipatam) avec le même zèle, comme au sortir de France.
Recommandez nous aux prières de tous les gens de bien, et dites à ceux qui ont pensé nous suivre que l’expérience nous fait connaître qu’il est dangereux de toute façon d’entreprendre de si longs voyages, à moins qu’on ait un grand fond de vertu ; le bon Monsieur de Chamesson me dit bien des fois ceci.
Je salue très humblement les très Rds Père Bagot et Fraguier, et j’embrasse de cœur tous les Messieurs de Saint Josse et de Saint Dominique. Ayez s’il vous plaît toute la patience et les adresses du monde pour travailler au salut de mon fils.
Je suis très cordialement, Monsieur, votre très obéissant serviteur.
Pierre de Saisseval d’Anville
Prêtre missionnaire
II – Lettre à Monsieur Luc Fermanel de Favry (Faverie ?), prêtre
Bandar(t) Abbas(y) ou Gameron, Le 25° novembre 1662.
Monsieur,
Il y aura après demain un mois que nous sommes au Bandar Abbas. De savoir quand nous en sortirons, en vérité je ne sais rien. On dit que ce sera le jour de la consommation du mois, mais encore un coup je n’en sais rien. Car nous avons été ce nous semble à 3 ou 4 heures de notre départ, tout achevé et tout fait, et nous voici encore. Nous aurons deux vaisseaux : sur le premier, Msgr et trois prêtres avec lui dont je serai ; et monteront sur le 2d, les autres qui auront aussi bien que nous un capitaine catholique ; je crois qu’il n’y en a guère d’autres sur cette mer. Il y a ici des Anglais et des Hollandais, et avec les derniers un bordelais qui nous ont rendu de bons services, principalement le dernier. Je lui ai dit : « Il est vrai que nos frères ne nous auraient pas servis avec plus d’exactitude, de soin et de témoignage d’amitié ». Il me semble qu’on ferait utilement quelques prières pour sa conversion. Msgr lui en a parlé plusieurs fois, et il m’a semblé qu’il y a en lui beaucoup de choses qui le disposent à cela. Enfin je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de Huguenot qui converse avec tant de liberté et si fréquemment et qui ferait si amoureusement tant de prières. Il a deux sœurs religieuses qui feront dire pour lui, et j’espère qu’il en profitera… Je pense qu’on le pourrait charitablement recommander à l’Assemblée ; on le nomme Monsieur Fauconnier. C’est sans doute une illustre de foi et de rendre service.
Messieurs de Chamesson et Périgaut ont été malades, le 1er à l’extrémité comme nous le pensions ; il a toujours traîné depuis qu’il est ici. Messieurs Lanneau et Chéreau et le susdit perdirent la fièvre avant-hier tous ensemble. Pour Msgr, c’est notre chef en tout… vous n’en doutez pas. Il veille, il travaille trois fois plus que nous autres, enfin en tout il surpasse en énergie à tous.
Je salue très humblement Messieurs Fermanel le receveur et le conseiller et toute cette très honorable famille. J’embrasse tous les messieurs de votre maison, je me recommande aux prières de la Congrégation et de l’Assemblée avec la permission de notre très révérend et très honoré père Fraguier.
Je suis corde magno et animo volenti, Monsieur, votre très humble et obéissant serviteur
P. de Saisseval.
Que mon fils m’écrive.
Archives des MEP, volume 350 : Lettres de Perse.
Louis BAUDIMENT, François Pallu, 1626-1684, Paris, Ed. Beauchesne, 1934, 500 p.
Jean GUENNOU, Les Missions Etrangères, Paris, Editions Saint-Paul, 1963, 145 p.
Correspondance avec Christian du Passage, pour la généalogie Saisseval
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Démarche Diaconia 2013 :
Servons la Fraternité !
Le rassemblement Ecclésia 2007 a regroupé à Lourdes 7000 personnes engagées dans le service de la Parole (catéchèse, liturgie, aumônerie, catéchuménat… en fait, l’ensemble des services d’Église).
Depuis on perçoit que c’est l’ensemble de l’Église qui porte ce service de la Parole de Dieu parce que la « catéchèse » touche tous les âges de la vie. La Parole de Dieu est centrale pour tout homme, toute femme, quel que soit son âge.
Le rassemblement « Diaconia 2013 » veut entrer dans cette même dynamique : la solidarité n’a pas à être portée par quelques groupes généreux, bénévoles, sur lesquels se déchargent les communautés chrétiennes.
Comme l’affirme ce premier texte, le service de la charité doit être l’affaire de tous, personne ne peut s’en défausser.
Contexte :
Face aux nombreux défis de société, le Pape Benoît XVI a rappelé dans ses récentes encycliques (Deus caritas est ; Caritas in veritate) que la charité et la diaconie sont au cœur de la vie de l’Eglise :
« La nature profonde de l’Église s’exprime dans une triple tâche : annonce de la Parole de Dieu (martyria), célébration des sacrements (leitourgia), service de la charité (diakonia). Ce sont trois tâches qui s’appellent l’une l’autre et qui ne peuvent être séparées l’une de l’autre. La charité n’est pas pour l’Église une sorte d’activité d’assistance sociale qu’on pourrait aussi laisser à d’autres, mais elle appartient à sa nature, elle est une expression de son essence elle-même, à laquelle elle ne peut renoncer » (Deus caritas est n°25).
En 2007, le rassemblement « Ecclésia » (« Ensemble, servir la Parole ») fut un appel de l’Église catholique en France à élargir la responsabilité de « l’annonce de la Parole » à toute l’Église. Cette rencontre visait à réunir, non seulement les spécialistes, mais aussi différentes composantes de l’Église pour approfondir et partager leurs expériences d’annonce de la Parole dans tous les lieux de vie.
A la suite de leurs travaux sur les « nouvelles pauvretés », les Évêques de France appellent aujourd’hui les chrétiens « à mettre la diaconie au cœur de leur action » (Lettre aux communautés chrétiennes : « La charité du Christ nous presse » ; novembre 2009).
« Diaconia 2013 » est une démarche visant à élargir la responsabilité du « service de la charité » à toute l’Église. Cette démarche ne concerne pas seulement les spécialistes de la solidarité, mais bien toutes les composantes de l’Église pour approfondir et partager des initiatives diaconales, en lien avec l’annonce de la Parole, la vie sacramentelle et la prière.
Principaux objectifs de la démarche :
- Élargir la responsabilité du « service du frère » à l’ensemble des composantes de l’Église, en articulation avec les services de la parole et de la liturgie, dans une démarche d’ouverture et de dialogue avec la société. Favoriser une prise de conscience que cette présence au monde et cet engagement social sont vitaux pour les communautés chrétiennes.
- Soutenir les communautés chrétiennes dans leurs démarches de rencontre et de partage fraternel avec les personnes vivant des situations de pauvreté, d’exclusion ou de souffrance. Favoriser la prise de conscience que cette rencontre est un lieu d’expérience spirituelle et une source pour la foi.
- Rassembler en 2013 les chrétiens qui souhaitent partager leurs initiatives d’engagement dans la société, de promotion de la justice et de fraternité avec les pauvres, en vue de promouvoir la vocation diaconale de l’Église en France.
Proposition de calendrier :
- Année 2010 : Sensibilisation et préparation de la démarche
Objectifs :
Sensibiliser et consulter les communautés chrétiennes et les différents réseaux sur la démarche. Préparer la démarche d’animation 2011-2014.
Juin : Publication d’un tract de sensibilisation des communautés et réseaux d’Église.
Octobre : Rencontre nationale des Délégués Diocésains pour la Solidarité.
Septembre-décembre : Analyse des attentes, questions et idées des communautés et réseaux. Élaboration d’un kit d’animation pour préparer la démarche sur le terrain.
- Année 2011 : « Allons à la rencontre »
Objectifs :
Encourager les chrétiens et les communautés chrétiennes à aller à la rencontre des personnes vivant des situations de pauvreté, de souffrance ou d’exclusion sur leur territoire, pour se mettre à leur écoute et vivre avec elles un partage solidaire et fraternel.
Inviter les chrétiens engagés dans le service de l’homme (au sein ou hors des communautés chrétiennes) à se rencontrer pour relire la dimension spirituelle de leurs engagements et mieux agir ensemble face à divers enjeux de société (ex. : famille, lien social, travail, logement, quartiers, solidarité internationale, etc.).
Soutenir la mise en place dans les diocèses d’« Équipes d’Animation de Diaconia 2013 » pour promouvoir les démarches locales, en lien avec les délégués diocésains à la solidarité.
10 Janvier : Soirée de lancement de la démarche. Diffusion des outils d’animation de la démarche. Mise en place d’un site internet pour accompagner la démarche
Mars-avril : Carême. Proposition d’animation pour les communautés chrétiennes. Cinquantenaire du CCFD.
Septembre-novembre : Assises de la Famille à Bordeaux, Lille, Strasbourg, Paris
Novembre : Colloque de la Fondation Jean Rodhain (Diaconie, charité & justice, Vatican II)
- Année 2012 : « Partageons la parole »
Objectifs :
Poursuivre les démarches de rencontre engagées en 2011.
Développer les liens entre le « service de la parole » et le « service du frère ».
Contribuer à la préparation des célébrations de cinquantenaire de l’ouverture de Vatican II.
Février-Mars : Carême. Proposition d’animation pour les communautés chrétiennes (développer les liens entre «service de la parole» et le «service du frère»)
Août : Rassemblement du réseau St Laurent à Lourdes
Octobre : Cinquantenaire de l’ouverture de Vatican II dans les diocèses
- Année 2013 : « Célébrons la fraternité »
Objectifs 2013 :
Poursuivre les démarches de rencontre et de partage de la parole engagées en 2011-2012.
Développer les liens entre le « service de la liturgie » et le « service du frère ».
Rassembler en 2013 les chrétiens qui souhaitent partager leurs initiatives d’engagement dans la société, de promotion de la justice et de fraternité avec les pauvres, en vue de promouvoir la vocation diaconale de l’Église en France.
Mars : Carême. Proposition d’animation pour les communautés chrétiennes (développer les liens entre le « service de la liturgie » et le « service du frère »)
Avril : 200ème anniversaire de la naissance de Frédéric Ozanam
Novembre : Rassemblement « Diaconia 2013 : Célébrons la Fraternité ! »
- Années 2014 et suivantes : « Vivons la charité »
Objectifs 2014 et années suivantes :
Poursuivre dans les diocèses les démarches engagées en 2011-2012-2013.
Envisager la publication d’un texte national pour l’orientation du « service de la charité » et de la diaconie en France.
Comité de pilotage Diaconia 2013
Article paru dans Vaincre le chômage et la précarité, n°81, mai 2010
Publication autorisée par le Conseil National de Solidarité
François Soulage est le président du Comité de Pilotage « Diaconia 2013 »
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Soixante-cinq ans de sacerdoce du Père Couturier
« Si c’était à recommencer… »
Interview (publiée sur le site internet de la paroisse St Symphorien de Versailles)
Depuis 1945, et avec une fidélité sans faille, le Père Jacques Couturier assure son ministère de prêtre et depuis 1998, sa tâche pastorale dans la paroisse Saint-Symphorien de Versailles. Nous sommes habitués à sa silhouette digne, ses homélies bien ciselées, son écoute attentive, son regard et sa pensée d’une étonnante jeunesse, mais connaissons-nous vraiment ce prêtre si discret ? A l’occasion des soixante-cinq ans de son ordination, l’équipe du site paroissial a eu la joie de s’entretenir avec le Père Couturier…
Equipe du site paroissial : Comment avez-vous vécu, il y a plus de soixante-cinq ans, votre vocation ?
Père Jacques Couturier : Trois éléments ont joué dans l’appel que j’ai reçu : ma famille bien sûr, le collège Saint-Jean de Béthune avec ses prêtres et ses professeurs et le scoutisme. Je me suis sérieusement posé la question lorsque j’étais en Terminale. Et après réflexion, je suis entré au séminaire en 1938, avec l’approbation de mes parents.
E.S. : Pourquoi avez-vous choisi d’entrer dans la congrégation des Eudistes ? Qu’est-ce qui vous a attiré dans la spiritualité de saint Jean Eudes ?
P.J.C. : C’est souvent par osmose que l’on entre dans une famille religieuse : au collège, j’ai fréquenté des prêtres eudistes et les mauvaises langues vous diront que c’est par manque d’imagination que je suis entré chez les Eudistes ! En fait, j’ai certainement été très marqué par le jeune père Armand Le Bourgeois, devenu plus tard Monseigneur Le Bourgeois, évêque d’Autun : il avait un talent tout particulier pour expliquer de façon claire la foi en Jésus Christ.
Quant à la spiritualité de saint Jean Eudes, elle est entièrement centrée sur le Christ : c’est par le Christ que l’on va vers le Père, c’est avec le Christ que l’on va vers les autres, c’est pour le Christ que l’on offre des sacrifices…
E.S. : Quelles ont été les grandes étapes de votre parcours de prêtre ?
P.J.C. : Après mon séminaire accompli en Bretagne, j’ai été ordonné prêtre en février 1945. J’ai entamé ensuite une licence de philosophie et enseigné la philo au collège saint Jean de Béthune, tout en assurant d’autres tâches pastorales auprès des jeunes.
En 1955, j’ai été nommé supérieur du grand séminaire de La Rochelle, puis en 1957, responsable de la Province de France de la congrégation des Eudistes. J’ai assuré cette tâche pendant dix ans et j’ai eu l’occasion, entre autre, de participer à la fondation du grand séminaire de la Côte d’Ivoire.
E.S. : Les séminaristes africains étaient-ils nombreux alors ?
P.J.C. : Une trentaine… Ils sont aujourd’hui trois cents…
Après ces dix années, j’ai assuré la direction de plusieurs établissements : de 1967 à 1972, le collège Saint-Martin de Rennes, puis de 1972 à 1975, la présidence de l’ISPEC (Institut Supérieur de la Promotion de l’Enseignement Catholique) chargé de la formation des cadres de l’enseignement catholique, à la catho d’Angers où j’ai résidé jusqu’en 1979.
E.S. : Vous en gardez de bons souvenirs ?
P.J.C. : De très bons souvenirs ! J’ai beaucoup aimé mes années à Rennes… A Angers, le milieu familial était très agréable : à la catho, j’ai côtoyé des personnalités pittoresques… Mais vous savez, j’ai été heureux partout ! En 1979 ont commencé des années de pérégrinations : j’ai travaillé deux ans au secrétariat de l’enseignement catholique, puis j’ai donné des cours aux séminaires d’Orléans et de Paray-le-Monial jusqu’en 1992 où j’ai été nommé responsable d’une maison d’accueil de confrères âgés devenus dépendants, en Bretagne.
E.S. : Vous n’avez donc jamais été curé de paroisse ?
P.J.C. : Si ! J’ai fait mon noviciat de curé de paroisse à Ris-Orangis en 1995 et puis je suis arrivé à Saint-Symphorien en 1998…
E.S. : En soixante-cinq ans, qu’est-ce qui a changé dans le ministère d’un prêtre ?
P.J.C. : Ce qui a changé ? Mais il faudrait écrire un livre ! Je vous renvoie à celui de Monseigneur Rouet, évêque de Poitiers : Je voudrais vous dire… Ce qui est intéressant, c’est aussi ce qui n’a pas changé : l’Esprit est toujours le même. Le contact avec la Parole est peut-être moins fréquent, mais plus intense de nos jours, il a fructifié.
E.S. : Et dans l’Eglise ?
P.J.C. : Le Concile Vatican II était attendu depuis toujours sans que nous le sachions vraiment. Il nous a fait progresser : l’Esprit a reconquis sa place par rapport à la lettre.
Malheureusement il y a une faille entre les générations et je pense qu’il faut reconstruire une morale familiale, civique, personnelle : ce n’est possible qu’à partir de l’Evangile. L’Eglise a toujours été minoritaire, mais par son témoignage et sa prière elle maintient la Parole de Dieu et le sens de l’amour. Je ne suis pas de ceux qui sont pessimistes sur l’Eglise de France !
E.S. : Quelle est la dimension de votre sacerdoce qui vous touche le plus ?
P.J.C. : C’est impossible de répondre ! Pour moi, il n’y a aucune tâche du prêtre à séparer des autres. Ma fonction d’enseignant par exemple est indissociable de mon sacerdoce. La vie spirituelle est indissociable de la vie pastorale. Certes, il est vrai que j’ai toujours aimé parler de l’Evangile. Dans mes homélies, surtout depuis que je suis à Saint-Symphorien, j’essaye de donner aux gens l’envie de goûter la Parole de Dieu.
E.S. : Que souhaiteriez-vous dire à des jeunes qui se posent la question du sacerdoce ?
P.J.C. : Une vocation se mûrit : Dieu ne vous appelle pas au téléphone ! On ne trouve pas tout seul quel est son chemin. Il faut chercher avec discernement des appuis parmi les prêtres, sa famille, ses amis… Et il faut prier l’Esprit Saint.
E.S. : Et aux séminaristes ?
P.J.C. : Surtout qu’ils ne croient pas tout savoir trop vite… Qu’ils relisent et ruminent l’Ecriture et les textes du Concile, qu’ils vivent un compagnonnage avec les saints et qu’ils sachent quelle est la valeur de l’amitié entre eux mais aussi avec des laïcs : les amitiés peuvent être merveilleuses. La vie de prêtre exige beaucoup de souplesse pour être à l’écoute, vivre en communauté, être prêt à déménager…
E.S. : Pour quoi, en particulier, lors de la messe de votre jubilé rendrez-vous grâce ?
P.J.C. : Pour TOUT ! Vraiment, si c’était à recommencer, je recommencerais, avec sans doute certaines choses que je ferais autrement… Mais il est certain que je recommencerais !
E.S. : Pour finir mon Père, pouvez-vous nous dire quelle est la prière que vous affectionnez particulièrement ?
P.J.C. : Il y en a beaucoup, mais il y en a une que je recommande. Elle est méconnue, elle était chantée autrefois pour la victoire des armées ; et pourtant c’est une prière simple, concrète, dans la même lignée que le Gloria : c’est le Te Deum.
E.S. : Merci beaucoup, Père ! Nous serons tous heureux de prier avec vous pour l’anniversaire de votre ordination. Le mot de la fin ?
P.J.C. : Je voudrais terminer par cette phrase du Cardinal Suhart, entendue en 1946, lors du pèlerinage des étudiants à Chartres et qui est devenue pour moi une très forte conviction : « Ne vous pressez pas de mettre des limites au Corps du Christ : combien en font partie sans le savoir ! »
TE DEUM
A toi, Dieu, notre louange !
Nous t’acclamons : tu es Seigneur !
A toi Père éternel,
l’hymne de l’univers.
Devant toi se prosternent les archanges,
les anges et les esprits des cieux ;
ils te rendent grâce ;
ils adorent et ils chantent :
Saint, saint, saint, le Seigneur
Dieu de l’univers ;
le ciel et la terre sont remplis de ta gloire.
C’est toi que les Apôtres glorifient,
toi que proclament les prophètes,
toi dont témoignent les martyrs ;
c’est toi que par le monde entier
l’Eglise annonce et reconnaît.
Dieu, nous t’adorons :
Père infiniment saint,
Fils éternel du bien-aimé,
Esprit de puissance et de paix,
Christ, le Fils du Dieu vivant,
le Seigneur de la gloire,
tu n’as pas craint de prendre chair
dans le corps d’une vierge
pour libérer l’humanité captive.
Par ta victoire sur la mort
tu as ouvert à tout croyant
les portes du Royaume ;
tu règnes à la droite du Père ;
tu viendras pour le jugement.
Montre-toi le défenseur et l’ami
des hommes sauvés par ton sang ;
prends-les avec tous les saints
dans ta joie et dans ta lumière.
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Associés ou membres de la famille évangélique eudiste ?
Le développement des groupes d’« associés » aux Instituts religieux ou aux Sociétés de vie apostolique est un phénomène récent (1980 ?). En France et dans bien d’autres pays, le phénomène est même paradoxal : c’est au moment où les Instituts sont vieillissants que tous, ou presque, se sont lancés dans cette aventure nouvelle et imprévue. Des chrétiens y trouvent un élan nouveau pour vivre l’Evangile au cœur de la société. Et des Instituts y trouvent une nouvelle jeunesse en partageant avec d’autres la richesse du charisme de leur fondateur. Que de rencontres et de colloques depuis 25 ans ! Et que d’écrits pour comprendre ce qui se passe !
Dans la CJM dès 1995, le numéro 17 des « Cahiers eudistes » était entièrement consacré à la question. Le supérieur général, Pierre Drouin, avait participé au Synode sur la Vie consacrée (1994) et rendait compte de la question des Associés. Le Père Marcel Lebourg, comme secrétaire général des Supérieurs majeurs s’exprimait dans un article clair et déjà prophétique sur la question.
Je voudrais simplement, dans ce court article, rendre compte de deux parutions récentes :
- La thèse de doctorat de Bernadette Delizy : « Vers des familles évangéliques. Le renouveau des relations entre chrétiens et congrégations », Éditions de l’Atelier, 2004.
- Antonio Botana : « Fondements pour un modèle actuel de Famille Lassallienne », Essais Lassalliens n°4, Maison générale des Frères des Écoles chrétiennes, Via Aurelia 476, Rome.
La première, Sœur de sainte Clotilde, a soutenu en 2002 une thèse de doctorat de 500 pages intitulée : « Approches phénoménologiques et théologiques d’une manière nouvelle d’être chrétiens ensemble dans la société : les familles évangéliques ». Enorme travail d’inventaire d’abord (27 instituts consultés, 200 réponses à un questionnaire détaillé …) et de propositions nouvelles ensuite.
Le frère des Écoles chrétiennes, lui, a publié récemment (mai 2008.) un court essai qui reprend des idées de Bernadette Delizy pour parler de la « Famille Lasallienne). Comme il est impossible de résumer en quelques pages ces travaux, je n’en retiendrai que deux idées :
1/ Des étapes parcourues par des groupes d’associés
2/ Une nouvelle interprétation : la famille évangélique
1. Des étapes parcourues par des groupes d’associés
En général lorsque des « amis » deviennent « associés » se pose rapidement la question de « l’identité » entre religieux et laïc. On constate un désir de ne pas laïciser le religieux ni de faire du laïc un semi religieux. On veut éviter que l’associé s’intègre dans l’Institut comme s’il avait fait des vœux ou une promesse d’incorporation. De même on veut éviter que les associés soient perçus comme de nouveaux partenaires qui donneraient de la jeunesse à l’Institut. Ce serait une erreur de dire (et même de penser !) : « Si nous ne nous développons pas, le charisme continuera à vivre par les laïcs ! »
Deuxième étape : le partenariat pour la mission. La encore, il a fallu clarifier la relation entre religieux et associés. On aurait trop vite parlé de partenariat en vue de la mission, surtout dans des Instituts qui confiaient à des laïcs des œuvres d’éducation. Bernadette Delizy cite de nombreux textes des Conférences des Supérieur(e)s majeurs concernant la Tutelle des établissements d’enseignement. La relation ne peut être une relation d’égalité que si on part du baptême, source de la mission. On a pu dire : « Ils ont dû se contenter des miettes pour être enfin admis au banquet. »
Troisième étape : spiritualité ou mission ? Dans un premier temps, des laïcs découvrent la richesse de la spiritualité de l’Institut, mais bientôt se pose la question de s’associer à la mission. Il faut clarifier : associés pourquoi ? associés à quoi ?
Après un temps de discernement, un Institut s’exprime clairement : « Les associés s’engagent à vivre ensemble de l’expérience spirituelle de la congrégation, source à laquelle ils veulent puiser dans le respect de leurs vocations respectives, pour le service de l’Évangile » (BERNADETTE DELIZY, p.143)
Quatrième étape : difficulté d’interprétation du charisme. L’Assemblée des Supérieurs majeurs des religieux de novembre 1999 à Arricia, près de Rome, avait pris comme thème : « Charisme et spiritualité. Une vie consacrée ouverte aux laïcs ». On s’aperçoit rapidement qu’il faut clarifier la notion de charisme et parler plutôt du charisme de fondation que du charisme de l’Institut. « Le charisme d’une famille religieuse est d’abord une manière propre et originale de reproduire le mystère du Christ, de vivre l’Evangile… Beaucoup de congrégations ont un fondateur, une fondatrice, bien repérable dans l’histoire. Le charisme ne peut alors bien se comprendre qu’à partir de la vie de celui ou de celle que l’Esprit Saint a saisi ».
2. Vers de nouvelles interprétations
Après avoir vaincu la peur de la confusion des identités, après avoir abandonné l’idée du couple laïc/religieux et d’espérer « partager le charisme », il s’agit maintenant de considérer les chrétiens dans la société. Bernadette Delizy et Antonio Botana parlent désormais de Familles évangéliques.
Constatons d’abord que ces familles existent : famille lasallienne, paulinienne, mariste, salésienne, franciscaine… Deux caractéristiques : d’abord l’insistance sur le caractère commun à tous les membres d’une même famille, enracinés dans le même baptême (tous salésiens, tous dominicains …) ensuite une insistance sur la mission propre à cette famille.
Deux exemples : la famille salésienne se définit ainsi : « Des hommes et des femmes qui veulent aujourd’hui dans notre monde et notre culture, répondre aux appels toujours aussi nombreux et pressants des jeunes et des milieux populaires : une Famille dont peuvent faire partie, avec divers engagements, tous ceux et celles qui veulent participer au projet de Don Bosco. »
La famille trinitaire se présente ainsi : « Une communauté ecclésiale formée de religieux, de religieuses et de laïcs qui portent le nom de la Trinité et reconnaissent en saint Jean de Matha leur Père commun. Tous ensemble, ils forment la « Maison de la Trinité » (ancienne appellation des Trinitaires). Ils partagent le charisme trinitaire-rédempteur et prolongent sa mission : la gloire de la Trinité et la libération des captifs de notre temps. »
Certains, comme les Missionnaires Oblats de Marie Immaculée disent simplement : « La Famille du charisme d’Eugène de Mazenod »
Bernadette Delizy résume ainsi : « Être associé à un Institut ne peut se réduire à être associé seulement à sa mission ou seulement à sa spiritualité ou à sa vie communautaire. Etre associé à un Institut, c’est tout autant être associé d’une part à son fondateur et d’autre part à un accent évangélique particulier » (p.217)
Autrement dit : « les relations actuelles ne sont pas des relations entre religieux et laïcs mais un tissage de communautés chrétiennes ». Et elle conclue par cette phrase lapidaire : « Mettez Jésus Christ au centre et tout le reste s’ordonnera ! »
Il est clair que le fondement de ces familles évangéliques c’est une ecclésiologie de communion. Le Frère Antonio Botana développe longuement cet aspect dans le chapitre II de son Essai : « L’ecclésiologie de communion fondement théologique des nouvelles familles évangéliques » (pp.25-36). Est-ce si nouveau ?
Le Père Marcel Lebourg écrivait déjà en 1995 : « Un modèle d’Eglise de type dualiste (clercs/laïcs, enseignants/enseignés) ne rend pas service. …Seule une Eglise comprise comme Communion peut nous aider… c’est sur de telles bases que l’on peut renouveler les rapports entre religieux et laïcs. »
La fondatrice des Sœurs des campagnes disait : « J’avais trouvé sur quoi fonder ma vie pour répondre à l’appel du Seigneur et d’autres allaient le trouver avec moi. »
Faisons un rêve… Peut-être pourrions nous dire la même chose dans une « Famille évangélique eudiste » qui regrouperait dans une communion fraternelle tous ceux et celles qui se réfèrent à saint Jean Eudes. Certains mettraient l’accent sur la miséricorde comme à Notre Dame de Charité, d’autres sur la formation « des bons ouvriers de l’Évangile » comme dans la Congrégation de Jésus et Marie, d’autres encore sur tel ou tel aspect de l’Évangile.
Tous et toutes pourraient se retrouver dans les paroles de notre Fondateur : « Regardez donc Jésus Christ, ce très aimable Sauveur comme l’unique objet de vos pensées, désirs et affections ; comme l’unique fin de toutes vos actions, comme votre centre, votre paradis et votre tout… Demeurez toujours en lui, c'est-à-dire que votre esprit et votre cœur, toutes vos pensées, désirs et affections soient en lui et que toutes vos actions soient faites en lui et pour lui » (Royaume de Jésus, 1ère partie, par. 7)
P. Claude COURTOIS, cjm
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Nouvelles des Philippines
(Communiqué n°5)
Commençant une nouvelle année scolaire ici aux Philippines (les cours ont repris le 8 juin), nous avons beaucoup de changements. Nous sommes tristes de dire que le Père Martin Solano est retourné au Venezuela. Nous lui sommes reconnaissants pour sa contribution à notre vie communautaire durant les six mois où il a été avec nous. Le P. François Jourdan continue de partager nos efforts pour bâtir notre mission ici aux Philippines.
L’autre changement important est l’arrivée de trois nouveaux séminaristes. Ils ont rejoint notre communauté le 1er juin. Les nouveaux candidats ont commencé leurs études de théologie ce semestre bien que leur entrée en probation viendra après quelques temps de vie avec la communauté. Ils rejoignent Serge Kabamalan à la communauté de formation. Serge est dans sa quatrième année de théologie et termine sa deuxième année de probation.
J’ai demandé à chacun de nos nouveaux candidats de se présenter à vous brièvement avec leurs propres mots. Voici leur histoire :
Eduardo A. Yabo (Eboy)
Je m’appelle Eduardo A. Yabo ; ma famille et mes amis m’appellent Eboy. Je suis né le 13 octobre 1967. Nous sommes cinq enfants dans ma famille et je suis le quatrième. Mes frères sont déjà mariés sauf le plus jeune. Je n’ai qu’une sœur, notre ainée, qui est déjà mariée et a trois filles. Malheureusement mon unique sœur et mes parents sont déjà décédés. J’avais deux ans à la mort de ma mère. Je viens d’une famille pauvre de la province de Siquijor, dans les Visayas, au centre des Philippines.
Mon désir de devenir prêtre a commencé quand j’étais encore dans mes années élémentaires. La famille de ma grand-mère, du côté maternel, me poussa à être actif dans l’Eglise. Dès lors, j’ai travaillé activement dans l’Eglise.
Fils de famille pauvre n’empêcha pas mon ambition d’aller à l’université. J’ai quitté ma province pour aller à Mindanao, au sud des Philippines, et chercher un travail pour subvenir à mes études. Dieu m’a toujours guidé. Je pouvais aller à l’université et en même temps travailler dans le cadre de l’Eglise, être vendeur sur les marchés, et donner des leçons à temps partiel aux enfants de mon cousin jusqu’à la fin de mes études.
Après, j’ai travaillé un an comme instituteur, et je me suis adressé à une congrégation à Manille. Heureusement on m’accepta ; mais après un an d’études je choisis de ne pas continuer ma formation parce que j’ai réalisé que je n’étais pas fait pour ce charisme.
Je redevins instituteur à Mindanao pour quelques années espérant à nouveau pouvoir trouver une communauté pour me guider vers la vie de prêtre. Pendant ces années, je continuais à chercher, prier et réfléchir à la volonté de Dieu sur moi.
J’ai rencontré une nouvelle communauté locale à Cebu City. Ma demande fut admise. Après quelques temps, je découvris que cette communauté n’était pas stable. Un jour, le supérieur fondateur décida que cette communauté n’était qu’une fraternité. Aussi, me sentant appelé à être prêtre, je n’ai pas continué cette formation.
Je revins à Mindanao pour continuer mon travail dans l’Eglise. Je fus engagé comme Coordinateur pastoral paroissial pour plusieurs années. Je travaillais à plein temps en même temps que j’étudiais la théologie au séminaire théologique St Jean Vianney de Cagayan de Oro City dans la formation aux ministères laïcs. Mon curé subvenait à mes études. J’obtins le diplôme de Maîtrise en Ministère pastoral avec l’espoir que cela me conduirait à mon rêve de devenir prêtre.
Mon curé, Mgr Elmer S. Abacahin, fut nommé par la Conférence des Evêques Catholiques des Philippines (CBCP) secrétaire exécutif du comité des Communautés Ecclésiales de Base (BEC) et quitta Cagayan de Oro City pour Manille. Il me demanda de l’accompagner comme secrétaire. J’ai travaillé deux ans avec lui supervisé par l’évêque-président. En même temps je continuais à prier et à chercher la volonté de Dieu sur moi. J’ai prié Dieu en Lui demandant que s’Il m’appelait vraiment à devenir prêtre, Il me montre comment faire. Guidé par l’Esprit Saint, j’ai trouvé.
Un jour au bureau, saisissant l’Ordo 2008 sur ordinateur, je tombais sur la fête de saint Jean Eudes, fondateur de la Congrégation de Jésus et Marie. Je me demandais si cette communauté était internationale ou seulement locale. Naviguant sur internet, j’appris qu’elle était en Asie, aux Philippines, précisément à Tagaytay City. Alors j’ai commencé à communiquer avec le P. Ron, à rendre visite à la communauté et y devenir plus familier. Enfin, j’ai décidé de démissionner de mon travail pour entrer dans la Communauté eudiste, et j’y suis maintenant. Je considère cet événement de ma vie comme la volonté de Dieu sur moi.
Micheal Bageres Dupo (Mike)
Je m’appelle Micheal Bagares Dupo, nouveau candidat à la Congrégation de Jésus et Marie. Je suis philippin, né au nord de la république des Philippines le 16 octobre 1978. Je suis pratiquement orphelin puisque mon père est mort d’une défaillance cardiaque alors que j’étais encore enfant. Nous étions quatre enfants, et je suis le deuxième. Mais malheureusement mon frère aîné est mort de maladie, et ma jeune sœur après moi et mon frère après elle sont aussi décédés suite à des accidents. Et le pire, ma mère s’est remariée mais mourut après mes années d’école élémentaire. Ces souffrances de ma vie m’apportèrent beaucoup de blessures et de douleurs. De turbulent et heureux garçon je devins un mystérieux enfant unique.
Me rappelant ma vie passée, je ne pouvais m’imaginer comment je ferais face. J’avais besoin de rester avec ma grand-mère, ou parfois avec d’autres parents et amis de la famille pour être aimé. Alors je suis allé vivre au presbytère de la paroisse d’un prêtre nouvellement ordonné dans un des diocèses de la région de Bicol. Voilà comment a débuté ma vocation. En parlant avec les sœurs et les séminaristes, j’ai commencé à penser à la prêtrise.
Mais je ne suis pas entré immédiatement au séminaire après le collège. A la place, j’ai essayé d’étudier à l’université, tout en travaillant pour payer mes études. J’ai travaillé dans une entreprise de construction liée au gouvernement. Après plusieurs années dans ce travail, j’étais vraiment insatisfait. Je me sentis très fatigué et ma routine quotidienne était vraiment monotone. J’attendais quelque chose de plus grand, qui donne sens à ma vie. Je n’ai trouvé ce sens qu’ici dans la Congrégation de Jésus et Marie. Je remercie vraiment Dieu de me permettre de faire partie de cette congrégation. Ma prière était : trouver une communauté qui forme un séminariste à grandir dans l’amour authentique et la vraie liberté.
Benjamin Z. Parale Jr. (Bogs)
Je m’appelle Benjamin Z. Parale Jr., 29 ans, citoyen des Philippines. Je suis né dans la province de Camarines Norte dans la région de Bicol aux Philippines. Je suis le troisième d’une famille de six garçons. J’ai été élevé dans une famille à fortes orientations catholiques. Actuellement, je réside au 75 Smokey Hill Drive, Maharlika East, Tagaytay City, Cavite, ensemble avec des Pères eudistes et d’autres candidats.
J’ai débuté ma vie de séminaire en 2001 après avoir fini un diplôme dans une institution locale de notre province. Je suis entré au séminaire universitaire de la Sainte Trinité pour les parcours pré-universitaires et universitaires jusqu’en 2006, et j’ai continué avec un an de formation théologique au séminaire régional St Alphonse à Lucena City en 2007. Ensuite je suis entré dans un parcours appelé « Un an pour Jésus », parcours de formation spirituelle offert ici à Tagaytay City par les Focolari.
Pendant cette année, j’en vins à connaître la Congrégation de Jésus et Marie et eut quelques rencontres d’information, demande et ajustements avec le P. Ronald Bagley en attendant mon entrée formelle dans le parcours de formation de la congrégation.
Maintenant, par la grâce de Dieu, je suis en route pour vivre la vie de la communauté, me soumettant à la volonté du Père à travers mes supérieurs et la formation prévue. Commençant ce voyage, je ne cesse de prier l’Esprit Saint de me guider continuellement pour que je voie mieux mon projet et que je sois un digne instrument de Dieu pour son Royaume.
Je remercie ces hommes de vous partager leur histoire. Nous avons déjà partagé avec vous des éléments de l’histoire de Serge dans les communiqués passés. Depuis, Serge a passé une partie de son été en 30 jours de retraite ignacienne avec notre évêque .Je lui ai demandé de nous partager sa réflexion sur cette expérience :
Ayant le privilège de rejoindre mes camarades de cours du séminaire de Tahanan ng Mabuting Pastol (Maison du Bon Pasteur), maison de formation du deuxième cycle du diocèse d’Imus ici aux Philippines, j’ai saisi cette chance en ressentant le besoin d’un exercice spirituel qui m’aide à m’engager plus avant pour Dieu dans ma propre formation de candidat eudiste. Il y avait en plus l’attrait de Mgr Luis Antonio Tagle, le brillant, simple, bon et humble évêque du diocèse, comme guide de cette retraite annuelle pour chaque tranche de séminaristes arrivant en 4e année de théologie. Ainsi j’ai passé tout le mois de mai en retraite de 30 jours à Maryridge, maison de retraites spirituelles tenue par les sœurs du Bon Pasteur à Tagaytay City.
Ce temps s’est en effet bien passé. Ce fut vraiment une belle expérience pour connaître et voir Dieu, son amour pour moi et toute la création dans l’optique de son plan pour nous tous : je ne pouvais que sentir l’amour monter en moi en réponse à un tel amour. Cela m’aida à me voir plus clairement dépouillé des masques et complications en complète nudité toujours déjà aimé par Jésus. J’ai aussi éprouvé douleur et honte à la souffrance que Jésus dut supporter pour moi, douleur et honte qu’il replaça dans sa joie à sa résurrection. En tout cela, un goût et une faim m’étaient donnés pour la simplicité de vie par une complète confiance en Dieu et un renoncement à tout pour lui, peut-être pas à la manière dramatique et tremblante des saints mais dans l’ordinaire de la formation eudiste de notre petit foyer appelé Ave Cor.
Incidemment, la chambre que j’occupais pendant la retraite s’appelait « Fidélité ». Ô combien appropriée ! Dieu a vraiment été si fidèle à moi tout au long du voyage de ma vie. Ce qui me manque est ma fidélité envers lui. Ce n’est pas facile étant donné mon histoire personnelle faite d’abandon et de refus, mais il m’a déjà manifesté lumière et espoir. Tout ce dont j’ai besoin c’est de demeurer dans son amour et croire en sa bonté pour que, comme saint Jean Eudes, je puisse apprendre à me donner pleinement à Jésus.
S’il vous plaît, continuez à prier pour nos séminaristes. Ils montrent un grand courage en rejoignant notre communauté d’oisillons ici aux Philippines. Nous comptons sur la grâce de Dieu et l’intercession de St Jean Eudes pour envoyer plus d’ouvriers à la vigne à laquelle il nous a appelés.
En un seul Cœur,
Ron Bagley, CJM – rmbagley@yahoo.com
François Jourdan – jourdan_francois@yahoo.fr
Serge Kabamalan – cskabamalan@gmail.com
Faisal Siega – john_siega@yahoo.com
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Recensions
Pascal FREY, Une expérience spirituelle avec Saint Jean Eudes, Préface de Stan Rougier,
Editions de l'Emmanuel, Paris, 2010, 140 p.
Les collections de textes spirituels ne manquent pas sur le marché de l’édition religieuse. Certains éditeurs ont ainsi des titres ou des séries prestigieuses, comme les éditions du Seuil et leurs « Maîtres spirituels », ou les éditions Nouvelle Cité et « Prier quinze jours avec… ». On peut légitimement imaginer (rêver ?) voir saint Jean Eudes et son chemin prendre place un jour dans de telles publications.
Le livre que nous offre le père Pascal Frey, aumônier de marine sur le porte-avions Charles de Gaulle, appartient aux initiations. Le propos de l’auteur s’énonce simplement à la fin de son introduction : « Il ne s’agit pas de vouloir faire exister Jésus dans notre vie, ou de le rendre présent, ou encore de vouloir faire une expérience originale. Au contraire, il convient de découvrir qu’il est déjà là, qu’il nous cherche et qu’il désire vivre en nous, avec nous, car il nous aime. Ce n’est pas nous qui le suivons, mais c’est plutôt lui, le Christ, chemin, vérité et vie qui nous précède et nous conduit vers Dieu son Père. Il ne s’agit pas tant de le chercher que de s’ouvrir à lui qui est déjà présent. Cela demande humilité, silence, patience. La prière est un combat contre soi-même. Elle est naissance, accueil de la vie divine. Prier est un choix, le lieu le plus personnel où l’homme engage sa liberté face à Dieu » (p. 23).
Le parti pris de l’auteur dans le choix des textes mérite d’être souligné : avec humilité il sait bénéficier du travail de ses devanciers en s’appuyant essentiellement sur deux publications : La vie et le royaume de Jésus dans les âmes chrétiennes, le tome I des Œuvres Complètes (1903-1911), rendu accessible dans sa reproduction anastatique (Paris, 1989), et Le Lectionnaire propre de la Congrégation de Jésus et Marie, mis en œuvre après l’aggiornamento conciliaire, publié en 1977 et réimprimé depuis. Ainsi est honoré (partiellement ?) le vœu du préfacier, que partageront peut-être certains lecteurs : « ce que j’aimerais trouver un jour, c’est un ouvrage où les textes de saint Jean Eudes seraient “traduits” dans la langue d’aujourd’hui. J’ai lu ainsi les œuvres de François de Sales. L’éditeur était passé de la langue de Corneille à celle d’Aragon, cela rendait la “vie dévote” merveilleusement proche… “Ô Jésus… Que toutes mes conversations avec le prochain soient consacrées à faire honneur aux conversations que Tu as eues sur la terre avec les humains. Fais-moi partager, s’il te plait l’humilité, la douceur, la discrétion, l’amour dont Tu faisais preuve dans tes rencontres…” Tu vois, je ne peux pas m’empêcher de retraduire le style ancien de saint Jean Eudes » ! (Stan Rougier, p.9-10).
L’introduction (p.13-26) comprend deux moments : l’essentiel de la biographie de saint Jean Eudes bien situé dans l’école bérullienne et l’unité de la vie spirituelle et missionnaire ; puis la présentation du parcours proposé et de ses cinq étapes significatives. Chacune de ses étapes faisant l’objet des cinq parties qui structurent l’ouvrage.
- La vie chrétienne (p.27-64) en six petits chapitres : A partir de la citation de Ga 4,19 exploitée par les mystiques cisterciens du Moyen-âge et par saint Jean Eudes, notre relation à Jésus est déclinée tout au long de la vie quotidienne, dans les activités humaines comme dans les temps plus spécifiques consacrés à la prière. Les textes de saint Jean Eudes cités sont ensuite commentés de façon très concrète, tout comme le vocabulaire spécifique de l’Ecole bérullienne. Les états et mystères du Verbe Incarné sont ainsi présentés : « Nous comprenons qu’un geste, une parole de Jésus nous renseignent sur son identité de fils de Dieu. Les mystères de Jésus sont l’ensemble de ce qu’il a vécu depuis l’Annonciation jusqu’à l’Ascension. Les actes de la vie de Jésus dévoilent lentement son identité divine… A chaque mystère un état de la vie du Verbe fait chair. Le mystère est l’indice dans la vie de Jésus qui me conduit à reconnaître ce qu’il est vraiment, ce qui le détermine : sa vie, son identité de fils de Dieu. La méditation du mystère permet de poser un acte de foi en se tournant vers Jésus-Christ, fils de Dieu, pour reconnaître qu’il est Dieu et recevoir sa grâce.
- Le baptême, participation à la vie de Dieu (p.65-87) est présenté en trois chapitres. L’expression très riche de saint Jean Eudes, dans les registres si divers du langage humain, est illustrée par les textes les plus denses : réalité qui déploie son dynamisme chaque jour de notre vie, qui nous donne de vivre du Christ.
- Le prêtre, serviteur des baptisés (p.89-101). En cette année sacerdotale, les deux brefs exposés disent l’essentiel : pasteur selon le cœur de Dieu , à la manière des apôtres, il est « en ambassade au nom de Jésus-Christ » avec ses frères « employés à continuer et accomplir sur terre la plus grande et la plus divine de toutes ses œuvres, qui est l’œuvre de la rédemption du monde » (p.99-100).
- Le Cœur de Jésus, manifestation de l’amour divin (p.103-115) donne l’occasion d’une belle présentation de la salutation Ave Cor sanctissimum et du cheminement missionnaire et spirituel de saint Jean Eudes.
- La Vierge Marie, chemin vers Jésus (p.117-129) : deux brefs exposés, l’un sur le Magnificat du Cœur de Jésus et Marie, l’autre sur le Cœur de Marie, terminent ce parcours d’initiation spirituelle.
Une page de conclusion, une page de bibliographie, une page de chronologie jusqu’à la canonisation de saint Jean Eudes complètent l’ouvrage. Une réédition ne manquera pas de signaler la parution du livre de Jacques VENARD, Les eudistes au XX° siècle. Ed. Médiaspaul.
Initiation ? Découverte ? Le propos de l’auteur se laisser discerner à travers ce parcours : il s’agit bien de prier avec saint Jean Eudes… Prier huit jours… quinze jours… un mois… une vie… Que l’auteur soit très vivement et fraternellement remercié de nous ouvrir ce simple chemin d’une expérience spirituelle partagée.
P. Daniel Doré, cjm
Mgr Michel DUBOST, Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? Lecture spirituelle de la lettre de saint Paul aux Romains, Editions Desclée de Brouwer, Paris, 2010, 322 p.
Pour chaque Carême, l’évêque d’Evry propose à ses diocésains un livret de catéchèse-réflexion qui leur permet personnellement ou en groupe de vivre ce temps privilégié de vie chrétienne. Prières, exposés, citations de textes patristiques, conciliaires ou d’auteurs spirituels, questionnaires pour l’assimilation ou la réflexion forment le canevas de chacun des chapitres de ces livrets. Consacrés aux « fondamentaux » de la foi et de la vie chrétienne : le Notre Père, le Crédo, les dix commandements. Pour le Carême 2010, Mgr Michel Dubost a ainsi proposé une réflexion sur la vie sacramentelle et les sacrements intitulée C’est là que je te rencontrerai. Quelques uns de ces livrets ont fait ensuite l’objet d’une réélaboration et d’une diffusion plus large ces dernières années, aux éditions Desclée de Brouwer : Prier le Notre Père, 268 p. déc. 2006 ; Prier le Credo, 304 p.2008 ; Choisis donc la vie. Prier les dix commandements, 344 p. 2009.
La parution de Le Nouveau Théo, l’encyclopédie catholique pour tous, sous la direction de Mgr Michel DUBOST, évêque d’Evry-Corbeil-Essonnes et de Mgr Stanislas LALANNE, évêque de Coutances et Avranches, a été largement signalée tant dans la presse que dans les organes d’information de la Congrégation.
Le dernier ouvrage de Mgr Dubost nous est présenté comme une lecture spirituelle. Déjà en 2005, aux éditions Bayard, c’est la première épître de Pierre qui faisait l’objet de ce type de lecture sous le titre Voyageurs de l’espérance. Mais cette fois, chaque chapitre, comme dans les livrets de carême ou leur réélaboration, s’ouvre par une prière et se conclut par une série de questions. On le pressent, ce n’est sans doute pas que pour une lecture personnelle que cet ouvrage a été élaboré, mais aussi – pourquoi pas ? – pour une réflexion ou une appropriation en groupe.
Le texte de base est celui de l’épître aux Romains, vue « comme un appel à être soi-même, à trouver son identité, à découvrir sa soif d’absolu » (p.9). La méthode préconisée :
- « placer le texte de l’épître aux Romains devant soi ;
- de lire le passage de l’épître aux Romains traité par le chapitre dont on se sert ;
- de lire ce chapitre ;
- d’essayer de répondre aux questions ;
- de relire le passage aux Romains en se demandant ce à quoi Dieu appelle par ce passage » (p.10).
Solidement informé (malgré une confession d’humilité un peu farouche (p.10), le texte des 16 chapitres se lit agréablement, illustré par des citations pauliniennes ou de la tradition chrétienne certes, mais aussi de la littérature ou de la philosophie contemporaine. Guide spirituel, le pasteur sait aussi se faire moraliste et affronter les défis non seulement de la conduite personnelle de la vie, mais encore ceux de nos sociétés à l’heure de la mondialisation.
C’est sans doute dans la pratique d’une lecture et d’un travail en groupe de chacun des chapitres de ce guide que le lecteur en goûtera les fruits. Que de nombreux lecteurs s’y risquent.
P. Daniel Doré
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